http://memoire-battante.fr

Un torrent de boue au Désert de Valjouffrey

Deux jours sans eau potable

le 22 juillet 2015


Remise en état des terrains dévastés


Suite aux crues torrentielles de la Laisse et du Béranger, la commune de Valjouffrey a fait rétablir le profil des terrains impactés.

En accord avec les exploitants agricoles, le conservatoire botanique de Gap a inscrit ces prairies de fauche dégradées par les laves torrentielles, comme site pilote du programme alpin de restauration de prairies. Ce site a été choisi selon les critères de situation climatique entre Alpes du Nord et du Sud et géographique avec deux espaces de référence : Valsenestre en versant ubac, Le Désert à l'adret, mais aussi et surtout  en raison des surfaces importantes à régénérer.

Trois méthodes peu coûteuses et transposables sur d'autres sites ont été mises en place : - Etalage de foin vert récolté à proximité immédiate  - dispersion de hottes de vieux foin - épandage  de fonds de grange d'origine locale.

Un inventaire botanique initial a été réalisé en périphérie des  zones dégradées. L'évolution de la végétalisation fait l'objet de suivis scientifiques qui se poursuivront pendant 3 années. Les sites serviront de référence pour le ré-engazonnement des zones dégradées dans l'Arc alpin. En favorisant sciemment l'utilisation de la grande diversité d'espèces végétales locales, ce programme contribue à sauvegarder le patrimoine végétal de notre vallée.                                                                                                  

          Joël Puissant                                                                                                                 

Voir ci-dessous les ravages de ces crues

REMISE EN ÉTAT DU PAYSAGE APRÈS LES GRAVES DÉBORDEMENTS DU TORRENT LA LAISSE

AU DÉSERT,  LE 22 JUILLET 2015 

voir ici l'article du Parc des Ecrins

http://www.ecrins-parcnational.fr/actualite/prairies-valjouffrey-phase-restauration

Article du Dauphiné Libéré du 24 juillet 2015 


DES IMAGES IMPRESSIONNANTES :

LE LIT DE LA LAISSE TRANSFORMÉ EN  MARÉE DE BOUE ET DE GALETS PAR UNE FORMIDABLE LAVE TORRENTIELLE.

photos Luc Roudet

Captage suspendu dans le vide


Travaux de recherche de la grille 

Philippe vient de reboucher la tranchée en sortie de réservoir (tuyaux bouchés)

Le nouveau cours de la Laisse devient raisonnable et il n’y a plus d’orage pour l'instant.

Luc Roudet

Mais les dégradations seront difficilement effacées.

Photos Hervé Champollion

Julien Gaillard mesure l’étendue des dégâts en amont du Désert.

ci-dessous :

Hervé prend de la hauteur pour avoir cette vue d’ensemble de l’emprise des crues au Désert sur les prés .

Le village de Valsenestre n'a pas été épargné : le Béranger a ruiné les prés comme celui qui longe la route.


(pauvres morilles ...)

A Valsenestre, vue panoramique depuis le chemin de Combe Guyon montrant l’emprise de la crue (dépôts de boues et de cailloux). Au premier plan, le Béranger, puis la route (le dernier pont avant Valsenestre à gauche) . Au pied du versant opposé, les prés recouverts par les boues et les pierres.

Hervé Champollion

Eboulement dans la combe de la Gorge à Gragnolet avril 2014

analyse de Maurice Gidon (géolalpes en bas de page)

Thierry Clavel a visité le site de l'éboulement et nous rapporte ici, avec ses talents d'écrivain et de photographe,

le fruit de ses découvertes. 

Eboulement dans la combe de la Gorge à Gragnolet

Fin d’hiver 2013-2014.

photos et commentaires de Thierry Clavel

Au cœur d’une nuit d’avril 2014, les quelques habitants du hameau de Gragnolet sont littéralement réveillés en sursaut. Est-ce un tremblement de Terre ? Non, une immense dalle de calcaire gris vient de se détacher quelques centaines de mètres sous le sommet du Gargas, laissant glisser sur le raide pan incliné faisant office de rampe de lancement une quantité phénoménale de blocs rocheux. Canalisés par l’étroite combe de la Gorge, ceux-ci dévalent la montagne à grand fracas, jusqu’au replat où aboutit également une piste venant du Villard d’Entraigues. Le maelström de blocs, sable, terre et gravier peut alors s’étaler et donner pleine puissance à sa force destructrice, abattant des dizaines de grands épicéas qui menaient jusqu’alors une existence paisible sur les rives de ce petit cours d’eau saisonnier. Au-dessous du croisement de la piste avec le lit du torrent, ce dernier ayant incurvé son cours vers la gauche, la rive droite, à l’extérieur du virage, a été particulièrement touchée. De certains arbres centenaires ne reste plus que le tronc, tandis que d’autres ont été simplement couchés et balayés tels de simples fétus de paille.

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Où l’on saisit, dès l’arrivée au milieu de la coulée, la puissance du flot figé 

Un énorme bloc en rive droite : tombera, tombera pas ?... et la combe de la Gorge, ayant canalisé l’éboulement... 

Fracture de la roche sous haute contrainte... 

...mais le travail n’est pas encore terminé ! 

Traces d’impacts

C’est la lutte finale (front du dépôt)... 

A certains endroits, l’entrelacs des troncs et branches rend la zone complètement impraticable.

Sur les quatre à cinq cents mètres de longueur de la zone de dépôt, d’énormes blocs gisent, essentiellement sur les bords. Certains ont une taille cyclopéenne, entre cent et deux cents mètres cubes, le calcaire dans lequel ils sont bâtis paraissant d’une compacité remarquable. Ce qui est frappant -et pour cause- est l’omniprésence de cassures révélant des chocs extrêmement violents. La multitude de vaguelettes présente à la surface témoigne ainsi de l’énergie colossale qu’il a fallu dépenser pour fracturer cette dure roche, seule la prise de vitesse dans la partie haute de la Gorge, très raide, ayant pu permettre cela.

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Les frères siamois se sont quant à eux détachés ! 

Un bloc a fait sa toilette...

« Trop chic ! », lui répond la demoiselle, ayant failli être décoiffée... 

Et voici le bouquet final ! 

Çà et là, un tronc ou une branche parfaitement polis émergent du conglomérat qui tapisse la zone de dépôt. Ils ont bel et bien fait partie du voyage, tentant juste de signifier, avec un dernier doigt levé : « J’y étais... »

Et puis, pour finir, tout en bas, là où juste au-dessous on retrouve le lit tranquille d’un petit torrent de montagne se frayant un chemin au milieu de la forêt, un des plus gros blocs visibles clôt la coulée, s’étant arrêté aux avant postes, tel un général en première ligne du combat. Ou plutôt comme si, dans un dernier sentiment de regret, celui- ci s’était dit : « Stop, halte au gâchis... On arrête tout ! », retenant alors de ses bras puissants l’ensemble de la coulée qui poussait derrière lui...

Un an et demi après l’éboulement, la puissance et la violence de ce phénomène cataclysmique restent ainsi encore parfaitement visibles. Tout a fini par être figé à un instant T, maintenant dans une immobilité et un équilibre qu’on devine parfois fragiles ces morceaux de montagne écroulés. Il est un endroit qui symbolise particulièrement bien cette force en suspens : en rive droite, sur le bas de la coulée, derrière un bloc de taille pourtant réduite jaillit en éventail, tel le bouquet final d’un feu d’artifice pétaradant, près d’une dizaine de troncs, figés comme les doigts d’une main tendue vers le ciel, implorant l’arrêt des hostilités...

Compte-rendu de visite, le 21 décembre 2015, par Thierry Clavel 

Vous trouverez un autre article sur Thierry Clavel auteur ici

Les avalanches à Valjouffrey 

Valsenestre en 1965

 Après avoir été frôlées par une avalanche, cinq fermes du Désert de Valjouffrey doivent être évacuées.

Des coulées de neige isolent le village.

Le temps des avalanches  est venu avec le radoucissement de la température, plus tôt que les augures montagnards de la Matheysine ne pouvaient le prévoir. Partout dans le Valjouffrey, dans le Valbonnais, dans la vallée de la Malsanne qui monte vers le col d’Ornon, toutes les combes ont été balayées par les longues coulées de neige brunie par la terre arrachée à la montagne. A chaque instant le ronflement puissant de l’éboulement rompt le silence. Et sur chaque route il faut craindre d’être enseveli. Naturellement le Désert en Valjouffrey craignait de voir le terrible mur de neige et de glace revenir comme l’an passé, écraser quelques une de ses pauvres maisons.

Déjà jeudi soir, les habitants s’étaient pressés de faire leurs emplettes à la camionnette de l’épicier venu jusqu’à eux. « Vite, faites vite, avait-on dit au commerçant, l’avalanche risque de vous emprisonner ici ». mais, capricieuse, l’avalanche attendit jusqu’à la nuit de Samedi à Dimanche et moins cruelle, se borna à frôler le village, arrachant notamment le four banal près du café Cros. Personne n’eut à souffrir sinon les demoiselles Grand dont la ferme était ensevelie jusqu’au toit et que les voisins durent rejoindre en creusant une tranchée.


Aucun mal par conséquent mais M. le Maire M. Brussetti craignant une nouvelle coulée a ordonné l’évacuation des cinq fermes trop exposées soit une quinzaine de personnes vers les maisons de l’entrée du village en venant de La Mure. Bêtes et gens ont changé de domicile dans l’après-midi et sont maintenant à l’abri. Cela ne signifie point pour autant que l’on atteint le Désert en voiture. La route est en effet coupée en plusieurs endroits, les équipes pourtant acharnées des Ponts et Chaussées se sont trouvées impuissantes devant cette masse de neige mêlée de branchages dans lesquels leurs puissants engins buttent comme sur le rocher. Ce sont d’abord près de la Cluse entre Entraigues et la Chapelle à une centaine de mètres du tunnel désaffecté, deux coulées, l’une datant de samedi, l’autre d’hier à 16 h 00. Puis en remontant, une énorme avalanche, celle des Latets coupe la route de ses 300 000 m3 et ses 300 m de longueur entre Les Faures et Le Désert. Celle-ci qui chaque année isole ce dernier hameau, s’est abattue dans la nuit de samedi à dimanche et contrairement à son habitude a atteint le lit de la Bonne. Elle sera sans doute responsable de quelques retards dans le rétablissement de la circulation vers Le Désert.

Les services des Ponts et Chaussées pensent, sauf événement imprévu, rétablir la circulation dès lundi avec La Chapelle. Mais il faudra 8 jours pour déblayer l’avalanche des Latets.